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Attention — Une partie du nord-ouest du Yémen, y compris la capitale, est sous contrôle des houthis, un groupe chiite, depuis 2014/2015. Ne pas s'y rendre. Le reste du pays est apparement normal, mais entrer dans le pays n'est pas si simple. De plus, il n'y a plus de consulat français ni d'embrassade belge, ce qui complique les renouvellements de passeports, les déclarations de naissance et autres démarches administratives pour les étrangers sur le sol yéménite.

Témoignage

(Posté le 20/07/2020)



1- Dans quelle ville habites tu et depuis combien de temps ? 


J'ai effectué la Hijrah au Yémen il y a 6 ans et j'y ai vécu durant 3 années. J'ai vécu dans 2 villes différentes : Hadhramount dans le sud, et Ma3bar dans le nord.


2- Quelle(s) cause(s) as-tu entrepris pour partir vivre là bas ? Quelle(s) cause(s) conseilles tu aux autres de faire pour emménager là bas ?


Mon mari connaissait un frère sur place qui a pu se porter garant pour nous et nous aider dans nos démarches. Le mieux pour y aller est de connaître une personne sur place afin de se porter garant pour vous. Le Sheikh du Merkez n'accepte pas qu'une personne vienne si personne sur place ne la connait. 


Et pour information, pour résider au Yémen il faut l'iqama et un kafil, comme en Arabie Saoudite. Dans notre cas, nous avions l'iqama avec le Merkez où nous étions.


Pour le moment, il n'est pas possible de s'y rendre car le pays est instable, mais il y a des villes où c'est stable alhamduliLah.


3- Qu'est-ce que tu aimes dans ta ville ? 


J'ai aimé la dahwa qu'il y avait, le dîn qui y régnait, la science, le Merkez, les gens... Toutes les femmes sont en sittar ما شاء الله. En gros, j'avais vraiment tout aimé. 


4- Qu'est ce qui change de la France ? Que cela soit positif ou négatif.


Ce qui change, c'est bien entendu que c'est un pays musulman avant tout ! Le respect qu'il y a envers les femmes : lorsqu'on monte dans un bus, les hommes se lèvent tous pour laisser la femme s'asseoir. La vie est complètement différente : le cadre de vie, la langue... 

Il n'y a pas de mixité. 

Dans les marchés, ce sont les hommes la plupart du temps qui font les courses donc il y a très peu de femmes et ce sont les femmes de la masse, Les femmes Salafiyyah n'y vont pas.

Dans les rues, pareil, les hommes et les femmes chacun marche sur un côté de la route afin de ne pas se mélanger, ils ne marchent pas côte à côte non plus.

Pour les hôpitaux, je ne sais pas.


5- Quels sont les prix des loyers en moyenne ? 


Cela varie de 70€ à 100€ selon, bien sûr, la superficie, le quartier, etc. Plus le logement est proche du Merkez et plus il est chère et inversement, plus il est loin, moins il est chère.


6- Quel est le coût de la vie (gaz, eau, électricité, alimentation, wifi, internet etc) ?


Je ne me souviens plus, mais ça restait pas chère. Les fruits et légumes n'étaient pas chères.


7- Quels sont les secteurs d'activités qui recrutent beaucoup/ qui marchent bien et dans quel secteur conseilles tu à un français de postuler ?


Les tijaras fonctionnent bien : généralement dans les restaurants, snacks, boulangerie, pâtisserie, vente de miel.


8- Quel quartier de ta ville conseilles tu pour des mouhajirouns ? Et pourquoi conseilles tu ce quartier ? 


La ville qui m'a le plus plût est Hadhramount sans hésitation car le climat est bien, il fait chaud toute l'année, le cadre de vie est bien, il y a une magnifique plage, les gens sont supers sympas et accueillants, avec de très bons comportements. 

Pour le quartier, [je conseille] ceux proches du Merkez afin d'étudier plus facilement et ne pas beaucoup marcher sous le soleil. 


9- Y a t'il beaucoup de mouhajirouns dans ta ville ? Si oui, y-a-t-il de l'entraide entre vous ? 


Oh oui, il y en a vraiment beaucoup اللهم بارك. Il y avait une très bonne ambiance entre nous. Nous nous mélangions avec tout le monde, aussi bien avec les yéménites qui aiment beaucoup les étrangers que entre étrangers. Également, oui, il y avait beaucoup d'entraide اللهم بارك. Quand j'étais tombée enceinte, des sœurs venaient faire mon ménage et m'apportaient des plats اللهم بارك. Quand les maris étaient absents, c'était les maris des sœurs qui faisaient les courses pour les femmes seules, ils posaient devant nos portes puis on récupéraient par la suite. Une grande niعma اللهم بارك. qu'Allah les récompense en bien.


10- Pour étudier la religion, qu'est ce qu'il y a comme infrastructures ? Et pour l'éducation des enfants ? 


Il y avait le Merkez du Sheikh où les hommes les plus avancés étudiaient directement avec lui en groupe. Et ceux qui venaient d'arriver, les débutants, étudiaient avec un professeur du Merkez afin d'avoir un minimum le niveau en arabe et autres matières religieuses pour étudier avec le Sheikh. Il y avaient des hommes et des garçons. Les matières enseignées étaient le Coran, le Fiqh, la Aqidah, Sira, Tarbiya Islamiya, le comportement, grammaire, conjugaison, calcul. Il y avait les mêmes matières du côté des femmes et des filles et c'était la femme du Sheikh qui enseignait aux femmes. Il y avait aussi des professeures femmes, on pouvait poser nos questions. Le Sheikh et sa femme sont très accessibles اللهم بارك.


11- Et enfin, pour finir, peux-tu nous citer une/ des petite(s) anecdote(s) qui t'ont fait plaisir en terre d'Islam ?


Je me souviens une fois, nous étions en moto mon époux et moi et notre moto est tombée en panne. Nous étions dans une rue où il y a très peu de voitures qui passent. Nous avons dû attendre 1 heure par là, jusqu'à ce qu'un monsieur en moto passe sur cette route et en nous voyant, il s'est arrêté et a prêté sa propre moto à mon mari en lui disant de me ramener chez moi et que lui allais attendre mon mari avec notre moto jusqu'à ce qu'il revienne. Et سبحان الله, nous étions choqués car nous n'avions jamais vu ça سبحان الله. Du coup, c'est ce qu'on a fait, mon mari m'a ramené à la maison puis il est reparti chez cet homme qui lui a dit d'aller chercher de l'essence pour notre moto et que lui nous attendait. Du coup, nous avons pu mettre de l'essence dans notre moto par la suite اللهم بارك, qu'Allah le récompense en bien.